Nous analyserons d'abord en quoi ces traits peuvent être interprétés comme des marques d'immaturité et d'irresponsabilité. Nous verrons ensuite que ces qualités sont en réalité nécessaires à l'évolution de la société. Enfin, nous montrerons que le conflit entre jeunes et anciens repose sur une divergence de temporalité. I. Des reproches qui soulignent une forme d'immaturité A. L'idéalisme comme refus du réel Le premier écueil que l'on prête à la jeunesse est l'idéalisme. Pour un adulte ancré dans le réel, l'idéalisme peut passer pour de la naïveté. Le jeune, n'ayant pas encore subi les échecs et les désillusions de la vie, tend à croire en des absolus : la justice parfaite, l'amour éternel, la paix universelle. Ce reproche souligne souvent une méconnaissance des contraintes matérielles et économiques. Être idéaliste, c'est parfois ignorer la complexité du monde et penser que tout est possible, ce qui peut mener à la désillusion. Download- Mira Chinggey.zip -71.37 Mb- Page
Plutôt que de stigmatiser cette fougue, les générations passées gagneraient sans doute à l'accompagner. Comme le disait Victor Hugo : « Ce qui est fatal, ce n'est pas l'expérience, c'est l'inexpérience ». N'est-ce pas en acceptant de voir les jeunes rêver que les adultes donnent une chance à leurs propres rêves de survivre ? Parasited Little Puck [FAST]
B. La jeunesse doit être tout cela (idéaliste, rêveuse, aventurière) pour que le monde continue de tourner. Si la jeunesse se contentait d'être une copie conforme de la génération précédente, la société stagnerait. Il y a un cycle nécessaire : les aînés posent le cadre (la structure), et les jeunes tentent de l'élargir ou de le briser (l'aventure). Le reproche est donc le symptôme d'un dialogue intergénérationnel difficile, mais essentiel.
C. Finalement, ces traits de caractère ne sont pas des défauts à corriger, mais des étapes à traverser. Le jeune qui est aujourd'hui trop idéaliste sera peut-être demain le réformateur pragmatique dont la société a besoin. Le rêveur d'aujourd'hui est l'entrepreneur de demain. Il appartient aux deux générations de comprendre que sagesse et fougue ne sont pas antagonistes, mais complémentaires. Conclusion [Bilan] En définitive, reprocher aux jeunes d'être idéalistes, rêveurs et aventuriers, c'est leur reprocher d'être jeunes. Ces traits, s'ils peuvent être source d'erreurs ou de maladresse, sont avant tout les signes d'une vitalité indispensable. L'idéalisme force à l'ambition, la rêverie nourrit l'imaginaire et l'aventure construit l'expérience.
Voici une proposition de dissertation structurée sur le sujet :
Les termes utilisés pour la qualifier – « idéalisme », « rêverie », « goût de l'aventure » – sont paradoxaux. S'ils sont d'abord employés sur le mode du constat, ils deviennent rapidement des reproches sous la plume des générations plus âgées. On accuse ainsi la jeunesse de refuser de voir la réalité en face (idéalisme), de se perdre dans des chimères (rêverie) ou de briser l'ordre établi (aventure). Dès lors, une question se pose : ces reproches sont-ils le signe d'une immaturité foncière ou traduisent-ils simplement une incompréhension entre deux conceptions du monde ?
B. Être rêveur, c'est avoir l'esprit ailleurs. Ce reproche fait écho à un manque de sérieux et de « sérieuseté » face aux obligations. La société adulte valorise le pragmatisme, la rentabilité et l'ancrage dans le présent. Le rêveur, quant à lui, construit des châteaux en Espagne et délaisse le concret pour l'imaginaire. On lui reproche alors de fuir ses responsabilités, de ne pas se préparer sainement à la lutte pour la vie ou à la construction d'un avenir stable.
C. L'aventure n'est pas seulement de la témérité ; c'est une soif d'expérience. L'aventurier est celui qui accepte de sortir de sa zone de confort pour grandir. Ce goût du risque est nécessaire à la construction de l'individu. C'est en aventureant, en testant ses limites que le jeune se forge un caractère et acquiert l'expérience qui fera de lui, plus tard, un adulte sage. L'aventure est l'antichambre de la maturité. III. Le conflit des générations : une question de temporalité A. La peur du déclin chez les aînés Si ces reproches sont si virulents, c'est parce qu'ils cachent souvent une inquiétude de la part des adultes. Voir des jeunes idéalistes renvoie l'adulte à ses propres désillusions et à son propre renoncement. Le reproche est un mécanisme de défense : l'adulte justifie son propre cynisme en qualifiant l'idéalisme de sottise. Il y a une forme de jalousie inconsciente face à cette énergie encore intacte.